






Un réseau de hameaux dans la plaine du fleuve Paraguay
Situés dans la plaine alluviale du bassin moyen du fleuve Paraguay, les hameaux constitutifs de la colonie Volendam regroupent à peine 700 habitants qui sont pour la plupart des descendants de colons allemands installés sur place depuis la fin des années 1940. La forte déprise démographique qu’ont subi la plupart de ces espaces habités pendant la deuxième moitié du XXe siècle a laissé des marques fortes dans le tissu urbain, mais aussi dans les ambiances, tout comme dans les représentations et visions de la population locale. Ces dynamiques ont longtemps contrasté avec la vigueur des activités agricoles et la transformation des paysages ruraux. Si les parcelles de l’arrière-pays productif ressemblent à des paysages « d’openfields », ils sont parsemés d’exploitations forestières où domine la culture de l’eucalyptus, une espèce endogène. Pour leur part, les petites collines habitées voient se développer des parcelles en friche tout comme des activités agro-pastorales ou agro-forestières, interrogeant la relation entre les différents milieux.
La conception d’un projet spatial dans ce milieu rural singulier devait s’ériger tout d’abord comme un socle essentiel de réflexion sur le devenir de la colonie, mais aussi servir de base pour la mise en place d’un outil de gestion réglementaire et opérationnelle. La conception du projet d’aménagement, tout comme la définition du zonage et du règlement d’urbanisme, visent à accompagner le développement de la colonie et à répondre aux défis que constituent l’arrivée d’un important axe routier national, la réactivation de la construction de logements, ou l’ouverture de nouveaux lotissements, tout en préservant l’histoire, la mémoire et la structure originale des lieux. Le projet affirme et consolide le centre historique et institutionnel comme centre référentiel de la colonie, par l’aménagement de ses limites, d’espaces publics majeurs et de cheminements doux qui connectent les principaux équipements et services, la transformation d’un tronçon de la piste d’atterrissage en parc linéaire propices aux activités sportives et de loisirs. Il préserve l’identité et l’intimité des hameaux et renforce leur relation privilégiée avec le paysage « Volendamer » en proposant des modalités de densification adaptées à un tissu urbain original disposé en lanières le long d’une voie structurante.
Les espaces interstitiels situés entre les hameaux sont sacralisés comme lieux de verdure : les fossés érodés deviennent de grandes noues végétalisées et drainantes. Un vaste réseau de sentiers en partie délaissé est restauré puis étendu afin de favoriser les mobilités douces, et de souligner les lisières des petites colines érodées, contribuant ainsi à la mise en scène des emblématiques marais du Yetyty et du Quarepotí.
