















Un jardin belvédère au cœur de Cordes-sur-Ciel
Le projet s’inscrit dans la cité médiévale de Cordes-sur-Ciel, haut lieu du patrimoine gothique d’Occitanie. Constatant la concentration de la fréquentation touristique sur la partie haute du village, la démarche vise à rééquilibrer les usages en valorisant le versant sud et le circuit des remparts, permettant une découverte panoramique à 360° de la cité et des paysages de la vallée de l’Aurausse. Par sa position stratégique à mi-pente, le jardin royal devient l’élément central de cette reconquête. Peu aménagé jusqu’alors, il offre pourtant une situation exceptionnelle de belvédère recto-verso entre ville haute et ville basse, ouvrant des vues sur les remparts, les collines et le bâti cordais.
Un premier belvédère, implanté au croisement des Rampes et des Remparts, signale l’entrée du site depuis la ville haute. Conçu comme un promontoire d’observation, il invite le visiteur à marquer un temps d’arrêt et à se projeter vers le jardin et le paysage. Bâti en béton cyclopéen, il assume une identité contemporaine tout en dialoguant avec la minéralité du lieu. Le belvédère de l’Aurausse est quant à lui dédié à la contemplation du paysage depuis le jardin. Au cœur du site, une structure en osier tressé, figurant le squelette d’un dragon légendaire, anime l’espace et relie imaginaire et patrimoine. Végétalisée et accessible, elle devient un terrain de jeu et un repère visuel fort. Autour d’elle, un jardin-paysage s’étend, composé de massifs bas et de plantes locales inspirées des écosystèmes du pays cordais, offrant des vues traversantes et des cheminements libres. Une clairière en gravier calcaire forme le cœur du jardin, accueillant événements et pauses contemplatives. L’ensemble des aménagements s’accompagne d’une requalification des cheminements piétons de la rue de l’Acampadou et du Planol ainsi que d’une réorganisation du stationnement, libérant l’espace pour les promeneurs et unifiant le sol par un même traitement de pavage.
Par la combinaison de ces interventions, le jardin royal retrouve une vocation publique et poétique, où l’architecture du paysage s’appuie sur la topographie pour révéler les qualités intrinsèques du site. La conception articule espaces de halte et de traversée, offrant une expérience sensible du lieu, rythmée par la succession des belvédères et des ouvertures visuelles. Les matériaux choisis – pierre, gravier, osier, acier – dialoguent avec la matière de la cité et en prolongent la mémoire. L’ensemble compose un paysage habité, où la rigueur de l’intervention s’efface au profit d’une lecture renouvelée du patrimoine et d’un usage partagé, invitant à la contemplation, à la flânerie et à l’imaginaire.