













Recomposition urbaine et architecturale dans la vallée du Lot
À Cajarc comme dans beaucoup de villages prospères du 12ème et 13ème siècle devenu pôle structurant dans l’armature territoriale, on observe un patrimoine architectural riche mais délaissé depuis plusieurs décennies. Si ce patrimoine représente une opportunité d’exception pour le maintien et la croissance du parc de logement, le coût de sa réhabilitation est synonyme d’abandon par les acteurs privés de la construction. C’est dans ce contexte que la mairie de Cajarc et la CC du Grand Figeac ont entrepris en 2020 la réhabilitation de l’ilot de l’Hebrardie en plein cœur du centre bourg. Si cet ensemble urbain se démarque par la présence de la Tour Consulaire et du Palais de l’Hébrardie, ce que l’on constate sur place c’est l’abondante végétation qui a recouvert un bâti traditionnel très dégradé ou à l’état de ruines. Après une première étude menée en 2021, la mairie a entrepris une deuxième phase visant à développer le projet sur la base d’un diagnostic structurel et d’un relevé de géomètre, le tout menant à un bilan d’opération global et à une recherche de financement RHI-THIRORI.
Considérant ces nouvelles données techniques, le projet s’est stabilisé et structuré autour de ses invariants : réinsérer du logement autour d’un jardin public en cœur d’îlot. Entretenant l’objectif d’en faire le poumon vert du cœur historique, le projet propose une dédensification accompagnée par l’arrivée de jardins privés ou publics. Dans un tissu dense, l’identité spatiale et la morphologie urbaine du bâti initial organise les arbitrages entre démolition et reconstruction. C’est dans cette optique que la préservation des différentes « franges » d’espace bâties puis non bâties, est venue ordonner la composition d’ensemble. À cet enjeu s’ajoute celui de proposer un espace extérieur à chaque logement grâce à l’organisation des différents entablements qui se positionnent dans les 7m de hauteur séparant le niveau haut de la rue centrale à l’ouest et le niveau bas de la rue de la plume à l’est. La composition de l’ensemble recherche l’unité urbaine et la sobriété. Les pierres retirées sont réemployées, le soubassement des édifices démolis fabrique les limites des jardins privatifs ou les assises du jardin public. Les encadrements de portes, les emmarchements et autres vestiges médiévaux sont mis en valeur dans le parcours pittoresque menant d’espace en espace. Certains bâtiments sont restructurés, d’autres sont entièrement reconstruits tandis que certains sont étêtés pour conserver un soubassement en construction de pierre traditionnelle surmonté d’une construction en structure bois.
